Cliché ou vérité : l’accordéon, un nouveau souffle sur le jazz français ! (radiofrance.fr)

Pour ce premier « cliché ou vérité », cap sur l’univers du jazz français. L’accordéon dans le jazz ce n’est pas nouveau, loin de là ! La tentation serait donc de répondre « cliché », mais c’est sans compter sur le souffle nouveau que le piano à bretelles porte sur ce répertoire… alors « vérité » ?

En écoutant les magnifiques musiciens que sont Tony Murena, Marcel Azzola, Marcel Loeffler, Richard Galliano, Vincent Peirani et Laurent Derache, nous allons découvrir que si il est bien « cliché » d’imaginer que l’accordéon est un petit nouveau dans l’univers du jazz, c’est en revanche une profonde « vérité » de dire que l’accordéon fait souffler un vent nouveau sur ce répertoire !

Albums des accordéonistes internationaux que vous devez avoir dans votre discothèque !

Je vous écris cet article en tournée, de Nouméa, en Nouvelle Calédonie pour vous présenter quelques albums d’accordéonistes internationaux.

J’y suis actuellement pour des concerts avec d’excellents artistes de l’île. Hier j’ai joué avec « Loulou » Louis UPANE un artiste pianiste kanak originaire de l’île de Lifou, un prince de la musique Kaneka. Il fait évoluer la musique sur le « Caillou » comme on dit ici. je l’ai rencontré au Gypsy Jazz Festival de Nouméa en 2009 lors d’une tournée en Trio. Une terre de métissage aux origines du monde, en plein cœur de l’océan Pacifique. Ici aussi, l’accordéon a eu ses heures de gloire ! Je vous en parlerai dans un prochain article !

Ces albums internationaux d’accordéonistes connus que vous devez avoir dans votre discothèque vous feront voyager et découvrir toutes les facettes de cet instrument magnifique qu’est l’accordéon à travers le monde.

J’ai choisi volontairement des artistes qui m’ont touché par leur grande sensibilité et leur musicalité. Ils ont une technique de jeu différente, et sont tous dotés d’un charisme démesuré !

Ces disques ont fait l’objet d’une sélection rigoureuse, je les ai tous écoutés et choisis parmi des centaines d’autres.

1 – CARMEN par Ksenija Sidorova

LETTONIE – TURQUIE

Voici un des albums internationaux d’accordéonistes assez exceptionnel !

Pour ouvrir le bal je vous propose une grande Dame qui est la plus jeune de la sélection. « La Pantère blanche » de l’accordéon, au look d’une princesse moderne possède beaucoup de poésie, de grâce de virtuosité et une présence étonnante. Ksenija Sidorova se produit sur scène avec de grands orchestres symphoniques et dans des lieux magnifiques de ce monde. ici la réunion exceptionnelle du Borusan Istanbul Philharmonic Orchestrad et d’un accordéon pour l’interprétation des accents arabo-andalou du Carmen de Georges Bizet . SUBLIME !!!

 

2 – Ana Maria Stoian et Ionicā Minune

ROUMANIE

Ce second enregistrement d’albums internationaux d’accordéonistes exceptionnels ne laissera pas indifférent ! Un album où tout est réuni ! Emotion, virtuosité et grande tradition des musiques Tziganes Roumaines sont au rendez-vous. A cela s’ajoute une voix que j’adore : celle de la grande chanteuse roumaine Ana Maria Stoian ici entourée par le roi de l’accordéon en Roumanie , Ionicā Mimune.

Un exemple de ce jeu des pays de l’Est, qui me fascine .

Musiques tziganes qui ont été une grande source d’inspiration pour moi.

J’ai eu la chance de travailler et jouer sur scène avec ce grand Cymbaliste roumain, « ION MIU » pendant plus d’une année.

 

 

3 – Zero Hour « Astor Piazzolla » – compositeur incontournable

ARGENTINE

À mes oreilles le meilleur album de Piazzolla ! Ici avec son quintet, il m’a radicalement propulsé et donné l’envie de vouloir apprendre la composition, le bandonéon et l’accordéon !

J’ai découvert cet album qui m’a été offert par une amie de mes parents, lors d’un voyage à Vichy. J’étais dans ma chambre d’hôtel. J’ai passé la nuit à écouter cet album en pleurant de bonheur tant il m’a ému ! C’était une très grande découverte pour mes 12 ou 13 ans.

Quintet de Astor Piazzolla :

 

 

4 – Chet Baker & The Boto Brazilian Quartet avec « Richard Galliano »

USA – BRÉSIL – FRANCE

Excellent album à ne pas manquer avec ces deux géants de la musique !

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Il s’agit d’un enregistrement « original » de Chet Baker dans un style fusion-brésilien avec le Boto Brazilian Quartet !

En 1980, Chet entend ce quartet avec Galliano dans un club à Paris. Le lendemain, il décide d’aller au Studio Davout pour enregistrer. Le trompettiste demande à Galliano de jouer les mélodies avant de les chanter ou de les interpréter ! Sans lire les partitions ! Une complicité magique se fait entre les musiciens, l’accordéon européen fusionne avec les deux Amériques (du sud et du nord) donnant naissance à un chef d’oeuvre !

Chet est un véritable oiseau de nuit aimant faire des disques au hasard des rencontres.
Il impose son feeling, comme un funambule avec des respirations propre à lui-même.

Chet Baker, trompette & bugle; Richard Galliano, accordéon; Rique Pantoja Leite, piano; Michel Peyratoux, guitare basse et Jose Boto, batterie.

 

 

5 – New Musette – Richard Galliano

FRANCE – BELGIQUE – ITALIE

Parmi les accordéonistes internationaux, Richard Galliano est sans doute un des plus célèbres.

L’album « New Musette » est un des premiers albums « Live » de Richard Galliano et excellent dans cette voie qu’il a prise durant des années : Transformer et révolutionner le musette et défendre l’accordéon comme instrument noble.

Critique album : Sous ses doigts, l’instrument, souvent entaché de préjugés, révèle une noblesse et une richesse extraordinaire. Réalisé avec Aldo Romano à la batterie, Pierre Michelot à la contrebasse et le guitariste belge Philip Catherine. Son disque-manifeste « New Musette » lui vaut de recevoir le prix Django-Reinhardt de l’Académie du Jazz en 1993. Une récompense qui salue le musicien français de l’année.

 

6 – Cada Um Belisca Um Pouco « Sivuca, Dominguinhos & Osvaldinho »

BRASIL

Ils sont les trois monstres sacrés de l’accordéon au Brésil que vous devez connaître absolument ! Retrouvez encore ici un des meilleurs albums internationaux avec trois accordéonistes sur un même projet.

Dominguinhos, Sivuca et Oswaldinho font partie des grands accordéonistes brésiliens. Le Forró, est un style de musique populaire et traditionnel créé dans le Nord-Este du Brésil. ( Cette région est celle du célèbre pionnier de cette musique Luiz Gonzaga). Ici, un bel hommage à ce grand Maître de la voix et de l’accordéon.

Dans cet album vous aurez tous les ingrédients de ce style. Beaucoup d’improvisations débridées et techniques de bon goût. Ces artistes sont dans la tradition et le renouveau dans le respect du roi du Forró : Luiz Gonzaga !

J’ai eu l’opportunité de côtoyer deux d’entre eux : Oswaldinho & SIVUCA. Quand Maestro Sivuca venait à Paris, je portais son accordéon qui était presque aussi lourd que moi ! Je l’accompagnais de l’hôtel au New Morning. Je le suivais chez Baden Powel, le guitariste de Génie avec qui il jouait dans les clubs.

De grands moments de bonheur passés avec ce grand Monsieur de l’accordéon brésilien : Maestro SIVUCA

 

 

7 – Pacific Standard Swingin Time The Buddy De Franco-Tommy Gumina Quartet Mars 1960

USA

Tommy Gumina,

Ce disque est un des meilleurs albums internationaux d’accordéonistes de jazz américain très pointu ! j’ai découvert Tommy Gumina avec le guitariste de jazz Joe Pass. Ces deux derniers ont co-fondé le label Polytone Records en 1987 …

Ce très bel album reste dans la tradition  pure des standards swing jazz américains. À découvrir ! 

Buddy De Franco, (cl) & Tommy Gumina (acc) with Bob Stone (b) et Frank De Vito (d) Enregistré à Decca Recording Studio, Hollywood, 15, 16 & 31 mars, 1960

 

 

8 – RIOS – DINO SALUZZI, DAVID FRIEDMAN, ANTONY COX

ARGENTINE – ALLEMAGNE – USA

Un album unique avec trois instruments que j’apprécie énormément.

De l’espace, ça respire, d’une grande beauté musicale.

Dino Saluzzi est un grand bandonéoniste de talent qui possède un jeu différent de celui de Astor Piazzolla. Il côtoie le jazz, le folklore argentin et la musique contemporaine ! Une technique époustouflante avec beaucoup de retenue et de sensualité. Il est sollicité par de nombreux artistes de par le monde. Il a réalisé de nombreux albums chez le célèbre label allemand : ECM

Dino Saluzzi : Bandonéon; David Friedman : Marimba, Vibraphone; Antony Cox : Basse & Contre basse.

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9 – Ilakeke Régis Gizavo

MADAGASCAR – OCÉAN INDIEN

Le plus grand représentant de l’accordéon du continent africain est parti trop tôt. Régis Gizavo fut un grand groover de l’accordéon et un chanteur à la voix douce et profonde. Il a collaboré avec Cesària EVORA, Mano SOLO, Graeme ALLRIGHT, Louis MHLANGA, I MUVRINI, LENINE …

Critique Presse :

L’accordéon espiègle, la voix tendue d’une ferveur farouche. Régis Gizavo interprète des compositions rieuses et chavirantes. Elles renvoient directement au répertoire traditionnel de sa région natale, sur la côte sud-ouest de Madagascar. Le Monde.

Gizavo, voix sucrée et accordéon sorcier, compose des chansons belles ! Âpres comme Tananarive, fluides et profondes comme les musiques de transe qui ont marqué son enfance à Madagascar. Télérama.

 

 

 

 

 

 

10 – MELTING POT « ELBASAN TRIO »

 

ESPAGNE – FRANCE – PORTUGAL

 

Un album exceptionnel d’un ami cher disparu trop tôt, un frère de musique Thierry Vaillot. Avec son ultime album que je vous présente aux 4 **** Songlines (Grande Bretagne).

 

« Le trio Elbasan nous emmène avec brio, poésie et virtuosité à la croisée des musiques du monde les plus chatoyantes et lyriques. Un voyage à ne
pas manquer ». Didier Lockwood

 

 

Les musiciens du trio ne se contentent pas de jouer de leurs instruments.
Transportés par des cadences flamboyantes, ils les transforment
et  les réinventent en percussions. Le chevalet de la guitare
s’imagine en  joueur de castagnettes. L’accordéon comme par magie, se
métamorphose un instant en zarb iranien ou tabla indien. Le violon s’amuse de pizzicato voluptueux renaît en une surprenante kora …

 

Pour résumer, on pourrait définir ainsi cette musique : un melting-pot
indo-balkano-hispanique survitaminé à l’âme slave.

 

Thierry VAILLOT : guitare, Héloïse LEFEBVRE : violon, Crestiano
TOUCAS : accordéon

 

 

 

 

Bonus – Sangue Do Mar « TOUCAS Trio Vasco »

 

PORTUGAL – INDE – ESPAGNE

 

Présentation de cet album aux 4 **** Jazz/Mag par le critique Franck Bergerot

 

 

L’itinéraire musical de Crestiano Toucas est marqué par la diversité à l’instar de ce voyage musical dans lequel nous embarque son trio. Chaque titre est une escale, prétexte au métissage des cultures et des genres musicaux. La  plume de Toucas a quelque chose d’inclassable. Maqamats Persans et Ragas Malais inspirent l’improvisation jazz et côtoient les sons ibériques, tout en mêlant tradition et modernité.

 

L’accordéoniste franco-portugais Crestiano Toucas, entouré de Thierry Vaillot, originaire de Murcía à la guitare, Amrat Hussain de Jaîpur ou Prabhu Édouard de Pondichéry aux percussions, nous offre un métissage musical original débordant de créativité et de lyrisme.

 

Ce voyage fera pétiller vos sens et vos neurones et vous laissera repus et heureux sur la cote des indes.                                                                             

 

 

L’accordéon : Instrument de musique sans frontières – #AuxSons

L’histoire de l’accordéon

Le Tcheng !

Il faut aller en Chine pour retrouver les traces de ce que les historiens s’accordent à dénommer « L’ancêtre de l’accordéon ». C’est une sorte d’orgue a bouche dont |’invention serait antérieure a 3000 ans avant J.C…

Suivant les provinces de Chine, on appelle cet illustre aïeul seng, cheng ou tcheng, voirexeng… Une copie existe de nos jours au musée de Castelfidardo, petite ville italienne de 17 000 habitants, que les historiens qualifient de « berceau du développement de l’accordéon ». Dans ce tcheng, une anche libre reçoit un courant d’air se met en vibration et produit un son. Ce principe de l’anche libre sera ensuite appliqué à l’orgue, autre ancêtre considéré comme le plus proche de l’accordéon. Avant d’arriver a l’instrument proprement dit, citons quelques dispositifs précurseurs comme l’aéoline de Schlimbach (1816), l’aéolo-méludion de Brunner et Ofman (1818), l’éoline d’Eschenbach (1820) ou encore lamundéoline de Messner (1823).

Le 6 mai 1829, l’Autrichien Cyrille Demian dépose un brevet d’invention pour un instrument qu’il appelle « accordion ». De son coté, le berlinois Buschmann invente Ie Handäoline tandis que l’Anglais Charles Wheatstone propose son « symphonium a soufflet » qui, après quelques modifications, deviendra le concertina. Le français Marie Candide Buffet améliore ensuite l’accordéon qui ne comporte tout d’abord qu’un seul clavier, appelé « clavier chant » ou « clavier mélodique », auquel vient s’ajouter après 1880 un second clavier pour l’accompagnement. En 1840, alors que les premières orgues apparaissent en Russie, en France Léon Douce fait breveter son « accordéon harmonieux » précurseur de l’accordéon chromatique… En 1852 : Philippe-Joseph Bouton fait breveter son accordéon a « touches-piano ».

En 1863, Paolo Soprani ouvre la première fabrique italienne d’accordéons a Castelfidardo. A partir de 1890, c’est toute l’Italie qui est prise par la fièvre de l’accordéon. On pourra citer Antonio Ranco, Rosario Spa-daro, Francesco Massobrio, Ercole Maga, la Salas,Angelo Parmelli, les Fréres Scandalli, Val Sugana, Egidio Galvan, Giovanni Rossovich, Branz, Cavagnolo, Oppezzo, Silvio Soprani, Piermaria   A la fin du XlXe siècle, la popularité de l’accordéon est immense. 

Dans le Paris de 1900, il est le roi du « musette ». Il trône dans les bals du monde entier, inspire les chansonniers et les poètes. Vers 1900, des facteurs italiens de Castelfidardo inventent l’accordéon chromatique. En 1904 est créée la Maison Cavagnolo à Vercelli en Italie. La même année a lieu le premier concours d’accordéon à Mons en Belgique.

Cinq ans plus tard, Giovanni Gagliardi donne le premier récital de musique Classique dans un cinéma de la rue de Lyon. En 1910, les premiers accordéons Hohner sont fabriqués à Trossingen en Allemagne.

Après la Première guerre Mondiale, l‘accordéon prend le pas sur l’antique cabrette en France : c‘est la grande époque du bal musette. C’est dans ce contexte qu‘en 1936, on inaugure le célèbre Balajo, rue de Lappe, a deux pas de la Place de la Bastille. 

En 1945, Raymond Gazave ouvre un Conservatoire d’Accordéon de Paris mais il faudra attendre 2002 pour que le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris intègre l’instrument dans ses classes ! En 1952, le Français Pierre Monichon dépose le brevet de l’accordéon de concert ou « harmonéon » sur lequel le clavier main gauche est remplacé par un second clavier chant identique au clavier main droite. Dans les années 1970 apparaît l’accordéon électronique. Il est muni d’un soufflet et d’anches auxquelles s’ajoutent un commutateur permettant aux touches de commander un générateur de sons électroniques. Dans la dernière génération, la production des sons est purement électronique : le soufflet n’aspire plus d’air, il sert uniquement a contrôler l’intensité sonore.

Un accordéon se compose de deux boîtiers de forme parallélépipédiques. Entre ces deux éléments se trouve un soufflet qui produit une colonne d’air. Le clavier est constitué d’un ensemble de touches de type boutons, piano ou autres. Actionnés par les doigts, ces touches libèrent  le courant d’air provoquant la mise en mouvement d’anches libres métalliques situées dans la caisse de l’instrument. Ces anches qui génèrent le son sont des languettes de métal découpées. Elles sont fixées à leurs bases par un châssis rectangulaire. On y pratique une ouverture légèrement plus large que l’anche. Sous l’impulsion d’un courant d’air variable, elle peut osciller de part et d’autre de ce point de fixation. Enfin, une languette en cuir naturelle ou synthétique dénommée « peau à musique »,  peut recouvrir une anche en étant collée à sa base en opposition à celles-ci. Elle a un rôle de soupape permettent ainsi d’obstruer ou non le passage du courant d’air selon le sens dans lequel le soufflet est actionné. Le jeu d’anches est appelé « musique » et est fixé sur un support en bois appelé « sommier ».

https://fr.wikipedia.org/wiki/Maugein#Historique

MARCEL AZZOLA : 

TOUTES LES COULEURS 

Ce virtuose, internationalement reconnu, est né au mois de juillet 1927 rue de la Chine à Ménilmontant. Le violon est en fait son premier instrument mais, sur les conseils d’un ami de son père, ce dernier |’oriente rapidement vers l’accordéon…

Musicien professionnel dans les brasseries des l’âge de 11 ans, il participe à la Coupe Mondiale de l’Accordéon sept ans plus tard puis débute dans les dancings d’après guerre au bandonéon. Il enregistre ses premiers disques chez Barclay et chez La voix de son Maître. Talentueux, il commence a accompagner un bon nombre de vedettes de |‘époque : Boris Vian, Edith Piaf, Tino Rossi, Jean Sablon, Annie Cordy,Yves Montand avec lequel il fait une tournée dans les pays de |’Est. Il joue également avec Juliette Gréco, les Compagnons de la Chanson, Barbara, Gilbert Bécaud, Mouloudji, Georges Moustaki sans parler de sa grande complicité avec Jacques Brel et de son célèbre « Chauffe, Marcel ! ».

Du musette au cinéma !

Pendant des années, entre les séances d’enregistrements et les tournées des vedettes qu’il accompagne, il joue avec son orchestre de bals en bals et de galas en galas… Parallèlement a sa carrière d’artiste et d’accompagnateur, il enregistre a Londres, Rome et Paris de nombreuses musiques de films, a l’exemple de « Mon oncle » de Jacques Tati, « Le juge et l’assassin » de Bertrand Tavernier « Le Bal » d’Ettore Scola, « Les uns et les autres » de Claude Lelouch et même « La Grande Escroquerie du Rock’n’Roll » de Julian Temple avec les Sex Pistols ! Lors de ces séances de studio, il travaille avec Michel Legrand, Claude Bolling, Vladimir Cosma, Philippe Sarde, Hubert Rostaing, Georges Delerue…

Du jazz au classique…

Oscar mondial de l’accordéon, Marcel Azzola figure depuis une dizaine d’année en effigie au musée Grévin. Aujourd’hui, ce travailleur infatigable se consacre essentiellement au jazz mais en fait, explore depuis toujours toutes les facettes de la musique : du musette au répertoire classique en passant par la musique contemporaine… Guest star avec Stéphane Grappelli pour une tournée au Japon, il participe également avec lui au MIDEM 91 en compagnie de Yehudi Menuhin ainsi qu’a de nombreux festivals : Deauville, Juan les Pins, Nice, Antibes… Aujourd’hui, Il se produit en duo avec la pianiste Lina Bossatti et en trio avec le contrebassiste Patrice Caratini et le guitariste Marc Fosset.

Rencontre avec Django

S‘il n’a jamais joué avec lui, Marcel Azzola s’est une fois produit en privé devant Django Reinhardt : il connaissait bien les frères Ferret qui jouaient avec le guitariste. Sarane Ferret l’a emmené dans un hôtel de Pigalle ou Django séjournait et Azzola a interprété devant lui la Toccata et fugue en ré mineur de Bach :« Django aimait beaucoup la grande musique » explique l’accordéoniste, «  a la fin de la prestation, Django a tout simplement dit : « c’est pas mal… » Sarane m’a dit après : « pour que Django dise cela, c’est que cela lui a plu ! ». La liste des complices de jazz d‘Azzola est tout aussi impressionnante que ses amis de la chanson : Christian Escoudé, Didier Lockwood, Toots Thielemans, Daniel Humair Michel Portal, André Ceccarelli, Martial Solal… Certains le connaissent depuis des décennies, a l’exemple de son vieux complice Henri Salvador qui l‘avait baptisé lors d’un spectacle, non sans humour de « Napoléon de l’Accordéon ! ».

Transmettre son Art

Débordant d’activité, Marcel Azzola forme néanmoins les jeunes générations pendant 20 ans au Conservatoire National d’Orsay. Conseiller Pédagogique National depuis 1987, avec d‘autres amis musiciens, il réussi enfin a faire rentrer l’accordéon comme discipline au prestigieux Conservatoire National de Musique et de Danse de la ville de Paris en 2002 ! Il produit également sous le label Mazo le disque « Pièces pour Clavier » avec Lisa Bossatti et l’ouvrage « Accordéon, instrument du XXe siècle » écrit par le musicologue Pierre Gervasoni. Grand prix du disque, Grand prix de la SACEM pour la musique instrumentale, ce Chevalier des Arts et Lettres reste avant tout un musicien d’une grande ouverture intéressé par toutes les formes d’expressions musicales.

Impossible de citer ici les centaines, voire les milliers de productions auxquelles l’artiste a participé en plus de 60 années de carrière ! 

J’ai nez-en moins reniflé quelques oeuvres qui m’apparaissent emblématiques du personnage. Cette liste n’est pas limitative, bien entendu.

Pour aller plus loin :

L’actualité de Marcel Azzola en direct :http://www.marcelazzola.com

Les entretiens exclusifs du Renifleur :

En mai 2004, je me suis rendu chez Marcel afin de l’interviewer. Nous nous étions déjà rencontrés à l’occasion de deux festivals de jazz et c’est avec grand plaisir que nous avons de nouveau conversé… En préambule du tournage, il me dit : « Tu sais, j’ai fait le premier disque de Bécaud… Et puis son dernier aussi… J’ai aussi fait le premier disque de Barbara ! Et son dernier également… J’ai enfin fait le premier album de Jacques et aussi son dernier… » Alors je me suis dit qu’heureusement ce n’était pas ma première interview de musicien parce que sinon…

LE BAL MUSETTE 

PLUS MODERNE QUE JAMAIS !

Adulée par les uns, méprisée par les autres, ce style de musique particulier est pourtant, auprès des étrangers, synonyme de Paris, de fête, bref de bonheur de vivre à la française…

Pour tout un chacun, le musette évoque la danse, les guinguettes, les bals populaires où les couples se trémoussent au son d‘un petit orchestre.

Pourtant, à l’origine, le mot musette vient du nom d’un instrument cousin de la cornemuse. Son succès fut tel qu‘il donna son nom a une danse populaire à la cour des rois Louis XIV et Louis XV. L’expression « Bal musette » désignait donc au début tout bal animé par un orchestre comprenant au moins une musette.

Les premiers bals publics parisiens datent du début du XVIIIe siècle. Ils prennent de l’ampleur au XIXe et s’étendent dans les faubourgs et a la périphérie de la capitale : Belleville, Montmartre, Ménilmontant… A cette époque, bon nombre d’orchestres sont composés d’Auvergnats, spécialistes de l’instrument…

Influence italienne

Au début du XXe siècle, de nombreux Italiens émigrent en France. Vivant en communautés, ils créent rapidement leurs propres bals dans lesquelles l’accordéon remplace la musette. Un changement que les Auvergnats ne vont pas apprécier. Pour eux, l’expression « Bal musette » est désormais galvaudée. Ce conflit va donner lieu au début à de sévères bagarres entre les deux communautés. Irrémédiablement, la musette tombe peu à peu en désuétude et l’accordéon prend toute son ampleur. Parmi les pionniers du genre, citons : Charles Peguri, Emile Vacher et Martin Cayla. 

Ces bals ont un immense succès populaire de 1900 à 1914. Cependant, c’est après la Grande Guerre de 14-18 que le genre musette prendra la forme qu’on lui connaît aujourd’hui. De nouvelles danses apparaissent : la valse musette, la java, le paso-doble, le fox-trot… 

Swing et musette

Les bourrées et autres danses traditionnelles ne sont plus au goût du jour. Elles disparaissent, enterrées par les rythmes marqués de la batterie, instrument devenu incontournable. Le musette se mélange aussi avec la musique tzigane et manouche. Les guitares accompagnent désormais l’accordéon. Les musiciens deviennent célèbres. Citons Joseph Colombo, Alben Carrara, Guérino, Adolphe Deprince, Michel Peguri, Vincent Marceau… 

Dans les années 30, les virtuoses du piano a bretelles commencent à donner leurs premiers bals : Gus Viseur et Tony Murena donnent tous deux une touche swing a leurs interprétations. N’oublions pas non plus Médard Ferrero, musicien émérite et grand pédagogue. Apres 1945, sous l‘influence des orchestres de jazz américains, de nouveaux instruments apparaissent : le banjo, le piano, la contrebasse… La valse devient la danse incontournable du style musette. Celui-ci devient musique populaire par excellence et galvanise la nouvelle joie de vivre des Français Libérés.

L’après guerre

Cette période va voir émerger les plus grandes stars de l’accordéon : André Verchuren, Aimable, Yvette Horner Louis Corchia, Maurice Larcange, Bruno Lorenzoni… Pour sa part, Jo Privat fuit les paillettes et développe un musette « manouche ». D’autres vont réconcilier l’accordéon avec les musiciens classiques : André Astien, Joss Baselli, Joe Rossi et Marcel Azzola. Les valses et mazurkas deviennent des morceaux que l‘on écoute avec plaisir dans un fauteuil de salle de concert. La volonté de sortir l’accordéon des guinguettes et salles de bals est certainement à l’origine de la nouvelle génération de concertistes accordéonistes. Les années 1960 vont cependant marquer une cassure. 

Durant près de trente ans, l’accordéon va prendre une image de plus en plus vieillotte, voire ringarde pour certains. Il faudra attendre les années 1990, et I’adoption massive de l’accordéon par plusieurs groupes de rock, pour voir cette image s’inverser. Parallèlement arrive une nouvelle génération d’accordéonistes de bals, plus techniques : Eric Bouvelle, Dominique Emorine et Julien Labro en sont de nos jours les plus célèbres représentants.

LE ROI ET LA REINE DU BAL

Figures incontournables du bal musette, André Verchuren et Yvette Horner promènent leurs pianos à bretelles de galas en galas depuis des décennies. Ces deux virtuoses ont fait danser des millions de couples a travers l’hexagone, mais aussi dans le monde entier ! Portraits croisés !

Yvette Horner

Cette célèbre instrumentiste est née le 22 septembre 1934 a Tarbes. Petite, elle obtient a Toulouse un premier prix de piano. A 12 ans, elle s’engage dans une formation d’adulte et dirige un ensemble composé de 6 accordéonistes. En 1948, elle remporte la Coupe du Monde de l‘Accordéon : sa carriere prend un nouveau tournant. De 1952 a 1963, elle participe a onze Tours de France, parfois dans des conditions très difficiles. Elle fait alors danser la France entiere. Son succes est considérable. A son propos, Catherine Tasca, Ministre de la Culture précise à son sujet : « Parmi ces grands moments de votre vie, je veux rappeler l’album que vous avez enregistré avec Charly Mac Coy. Vous avez édité 150 disques vendus a 30 millions d’exemplaires, ce qui témoigne de votre exceptionnel rayonnement et aussi de la fidélité du public a votre égard. Je devrais dire d’ailleurs la fidélité des publics car vous rassemblez toutes les générations, des peuples du monde entier »_ Figure emblématique, Yvette Horner continue de multiplier les expériences musicales et artistiques, que ce soit avec Jean-Paul Gaultier, Quincy Jones, Maurice Béjart ou encore Marcel Azzola.

André Verchuren

L’accordéoniste est né à Neuilly sous Clermont dans l’Oise le 28 décembre 1920. ll étudie l’instrument des l’age de 4 ans et donne son premier bal a 6 ! Apres des études de solfège, il participe aux plus grands concours internationaux : 1er prix a Bruxelles en 1935, 1er a Paris |’année suivante… En 1939, le jeune Verchuren entre en résistance. En 1944 il est déporté à Dachau. Libéré 13 mois plus tard, il reprend de longues heures de travail pour retrouver sa virtuosité. En 1948, il participe a son premier film, La vie en rose de François Perrier. En 1950, il participe a la populaire émission de Radio Luxembourg Swing contre Musette. L’année suivante, il enregistre ses 3 premiers 33 tours ainsi qu’un 45 tours chez Decca. En 1956, il passe en « Vedette américaine » a l’Olympia. Deux ans plus tard, c’est le premier disque d’or : 1 million de disques vendus. En 1952, il fête ses 6 millions de disques et en 1968, 10 millions ! ll a alors sa propre émission de radio sur Europe 1 qui durera 17 ans. Le 14 septembre 2003, devant une salle comble, il retourne a l’Olympia de Paris pour une représentation unique. Il y fête son 10 millième gala et plus de 60 millions de disques vendus !

https://www.francetvinfo.fr/culture/patrimoine/l-accordeon-expose-comme-un-objet-d-art-a-limoges_3320399.html

L’accordéon : 

un instrument de résistance…

Toujours d’Actualité !

Petit lexique 

de l’accordéoniste 

chevronné !

Accord

Combinaison d’au moins 3 notes jouées simultanément.
Empilement d’au moins deux tierces consécutives.

Accordage

Action qui consiste à régler les anches de l’accordéon à une fréquence de vibration donnée.

Accord Majeur

Accord dont la première tierce est majeure.

Accord mineur

Accord dont la première tierce est mineure.

Ad libitum

Souvent sous forme abrégée « ad lib. » qui veut dire à volonté.

Adagio

Pièce musicale jouée dans un tempo lent

Allegro

Vivement et gaiement. Tempo rapide.

Altération

Modification, généralement d’un 1/2 ton, de la hauteur d’une note.
Le dièse # augmente la hauteur d’un 1/2 ton.
Le bémol b diminue la hauteur d’un 1/2 ton.

Ambitus

Partie de l’échelle sonore couverte par une mélodie. La partie de l’échelle sonore que peut couvrir une voix ou un instrument se nomme la tessiture.

Anche

Lamelle métallique, fixée sur un châssis par une extrémité, et dont l’autre segment vibre sous l’action d’un courant d’air et produit le son.

Andante

Signifie « allant » pour un mouvement exécuté modérément.

Arpège

Un arpège est une série de notes émises successivement et qui formeraient un accord si elles étaient jouées simultanément.
Un accord est dit « arpégé » lorsque les notes sont émises les unes après les autres mais continuent à sonner jusqu’à la réalisation complète de l’accord.

Barre de mesure

Barre verticale sur une tablature (ou une partition) qui découpe celle-ci en mesures. Basson

Se dit de la voix grave d’un diato lorsqu’il a plusieurs voix.

Battement

Phénomène d’interférence que l’on entend lorsque les deux anches d’une même voix vibrent en même temps à une fréquence très proche mais non exactement égale. Synonyme de vibrato.

Bémol b

Altération qui diminue la hauteur d’une note d’un demi-ton.

Bisonore

Se dit du diato parce qu’avec une seule touche (un seul bouton) on obtient deux notes différentes, l’une en poussant sur le soufflet, l’autre en tirant.

Chromatique

Un accordéon chromatique est un accordéon qui peut jouer toutes les notes de la gamme chromatique qui comprend 12 notes :

– les sept notes de la gamme diatonique

– plus 5 notes intermédiaires (Do#, Ré#, Fa#, Sol#, et La#).

C’est un instrument généralement unisonore (qui produit la même note en poussant et en tirant) mais ce n’est pas obligatoire.

Chromatique est un terme de musique et non une définition d’instrument (voir gamme chromatique).

Comma

Le comma est défini comme étant la plus petite division du ton qui serait perceptible à l’oreille humaine.

Contretemps

On appelle contretemps une note attaquée sur un temps faible et suivie d’un temps fort occupé par un silence.
Exemple : dans une mesure 4/4 le deuxième temps est un temps faible ; le troisième, un temps fort.; une noire placée sur le deuxième temps est un contretemps si celle-ci est suivie d’un silence .

Le contretemps peut également s’articuler, non plus sur un temps faible suivi d’un temps fort, mais sur une partie faible de temps suivie d’une partie forte.
Exemple : dans une mesure 4/4, une croche placée sur la deuxième partie d’un temps quelconque est également un contretemps si celle-ci est suivie d’un silence.

Le contretemps (tout comme la syncope) est perçu par l’auditeur comme un déplacement de l’accent attendu. Il peut être considéré comme un élément rythmique en conflit avec la mesure.

Couleur

Lorsque l’on entend jouer un air avec des fausses notes, ou à un rythme inadapté, cela froisse l’oreille. D’une façon plus générale, l’exécution d’un air provoque toujours en nous une certaine émotion, nous laisse une certaine impression. Cette impression, cette sensation, nous vient notamment de la tonalité du morceau, de sa couleur. C’est de là que vient le mot chromatique employé en musique: du grec khrôma = couleur. Ainsi, une mélodie jouée en tonalité mineure sera plus teintée, plus colorée de mélancolie que si elle est jouée dans une tonalité majeure.

Crescendo

Terme qui indique qu’un son ou une phrase sonore doit être jouée avec de plus en plus de volume sonore.

Decrescendo

Signifie diminuer progressivement le volume sonore par opposition au crescendo. Synonyme de diminuendo

Diapason

Instrument composé d’une lame d’acier recourbée en forme de lyre dont la vibration émet une note témoin (habituellement le La 3) qui permet à tous les autres instruments de s’accorder uniformément.

Diatonique

Attention! On a naturellement tendance à appeler diatonique tout accordéon « qui est petit et qui gigote ». Un tel accordéon, s’il est petit et qu’il gigote, c’est tout simplement parce qu’il est bi sonore (voir ce terme) car un bouton peut produire deux sons: l’un en poussant, l’autre en tirant. Du même coup, il comporte deux fois moins de composants; et il est, de ce fait, plus petit et moins lourd.
Mais diatonique est un terme de musique qui signifie que la gamme jouable sur cet instrument ne comporte que les notes Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si, Do, sans les demi-tons intermédiaires (voir gamme diatonique).

Dièse #

Altération qui augmente la hauteur d’une note d’un demi-ton.

Doigté

C’est le jeu des doigts sur les claviers. Sous la partition, la tablature donne l’indication chiffrée de ce jeu des doigts.

Flûte

Se dit de la (ou des) voix medium de l’accordéon. C’est la voix principale et/ou médiane.

Fondamentale

Première note d’une tierce ou d’un accord.

Forte

Signifie qu’il faut jouer fort. Est représenté sur la partition par f, ff ou fff selon la force voulue par le compositeur.

Fortissimo

Très fort.

Fréquence

Nombre de vibrations par seconde. Unité de mesure : le Hertz. Symbole Hz

Gamme

Suite de notes conjointes, disposées sur l’étendue d’une octave.

Gamme chromatique

Gamme qui comprend 12 notes: les sept notes de la gamme diatonique plus 5 notes intermédiaires: Do#, Ré#, Fa#, Sol# et La#.

Gamme diatonique

Gamme qui comprend les sept notes Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si.

Harmonique

Son musical dont la fréquence est un multiple ou un sous-multiple d’une fréquence de base. Par exemple un La quelconque, et un La à l’octave au-dessus sont des harmoniques l’un de l’autre. Un La à l’octave en dessous c’est pareil.

Intervalle

Un intervalle est la « distance » (exprimée en nombre de 1/2 tons) qui sépare deux notes dans une gamme. Ex: entre Do et Mi il y a un intervalle d’une tierce majeure, soit 4 demi-tons. Entre Do et Fa il y a une quarte (5 demi-tons). Entre Do et Sol il y a une quinte (7 demi-tons). Entre Do et Do suivant à l’octave il y a une octave soit 12 demi-tons.

Largo

Tempo le plus lent.

Maestoso

Veut dire avec « majesté ».

MD

Main droite

Mesure

Partie de tablature (ou de partition) comprise entre deux barres verticales (barres de mesure)

MG

Main gauche

Moderato

Terme qui signifie avec un tempo modéré c’est à dire d’allure moyenne.

Morendo

Qui signifie que la musique doit s’éteindre graduellement

Musique

En matière technique, on appelle musique l’ensemble des anches montées sur leurs châssis eux-mêmes assemblés sur les sommiers. La musique est l’ensemble du montage qui produit le son.

Octave

Ensemble des notes d’une gamme. Dans une gamme, intervalle entre une note de degré n et une note de degré n+7 ou huitième degré. Exemples: intervalle entre Do et Do suivant. Ou bien intervalle entre La3 et La4… C’est valable pour toutes les notes.

Ornementation

Une ornementation est constituée par une ou plusieurs notes courtes qui viennent se jouer dans le temps initialement attribué à la note principale. C’est cette note principale qui est ornementée. On les appelle des fioritures, d’autres les qualifient de broderie.

Partition

Représentation des notes de musique par des symboles sur une portée musicale.

Phrasé

C’est la façon de jouer une phrase musicale en posant aux bons endroits les accentuations ou au contraire les respirations. On distinguera aisément le phrasé coulé, dans une valse par exemple, du phrasé rythmé ou musclé d’une gavotte.

Piccolo

Se dit de la voix aiguë lorsque le diato a plusieurs voix.

Plein jeu

Se dit d’un instrument lorsque toutes les voix disponibles sont jouées simultanément.

Polyphonie

Superposition de plusieurs mélodies qui restent cependant harmoniques entre elles, c’est à dire que leur superposition ne « chiffonne » pas l’oreille qui écoute.

Pulsation

Se dit de l’instant t qui débute un temps. Un temps est encadré par 2 pulsations: celle qui débute le temps et celle qui débute le temps suivant. La vitesse à laquelle se succèdent les pulsations définit le Tempo.

Quarte

Quatrième degré de la gamme en partant de la tonique. Intervalle entre ces degrés. Les notes des deux rangées d’un diato en G/C (Sol/Do) ou A/D (La/ré) etc. sont séparées par l’intervalle d’une quarte.

Quinte

Cinquième degré de la gamme en partant de la tonique. Intervalle entre ces degrés.

Registre

Dans un diato, système d’ouverture/fermeture de « portes » qui permet au courant d’air de faire vibrer soit une seule, soit plusieurs voix simultanément, ainsi que de choisir une combinaison de ces voix.
Sur certains modèles, les registres sont actionnés par des tirettes au-dessus des caissons.
Sur d’autres modèles ils sont actionnés par des touches spéciales, devant ou derrière les claviers.
C’est un tel registre qui sert à la suppression des tierces.

Seconde

Deuxième degré de la gamme en partant de la tonique. Intervalle entre ces degrés.

Sensible

Dans une gamme, note qui se trouve au septième degré, juste avant l’octave, lorsque cette note n’est qu’à 1/2 ton de l’octave. Ex : dans la gamme de Do majeur, la note Si est la sensible.

Septième

Septième degré de la gamme en partant de la tonique. Intervalle entre ces degrés.

Sixte

Sixième degré de la gamme en partant de la tonique. Intervalle entre ces degrés.

Sommier

Support en bois (ou plastique) sur lequel sont montées les anches. Un sommier peut correspondre à toutes les anches d’une voix à la MD, mais pas toujours.
A la MG on distingue un sommier des basses et un sommier des accords.

Suppression des tierces

Les accords du clavier MG sont constitués de 3 notes: une fondamentale, une tierce et une quinte. Certaines tierces sont dissonantes avec quelques notes du clavier MD. Lorsque le diato est pourvu d’un registre des tierces, on peut alors supprimer ces tierces.

Swing, 1/2 swing, sec

Lorsqu’un accordéon possède plusieurs voix, plusieurs anches vibrent en même temps. On peut légèrement décaler leur accord pour qu’elles provoquent un vibrato.
Si le vibrato est inexistant l’accord est dit sec.
Si le vibrato est très léger l’accord est dit swing.
Si le vibrato est léger l’accord est dit 1/2 swing.
Si le vibrato est important l’accord est dit musette.

Syncope

On parle de syncope lorsqu’une note, au lieu de tomber sur un temps, tombe avant ou après ce temps. En déplaçant l’accent attendu, la syncope donne une impression de décalage et peut être perçue par l’auditeur comme un élément rythmique en conflit avec la mesure.

Dit autrement, une syncope est une note attaquée sur un temps faible et prolongée sur le temps suivant.

Par exemple, dans une mesure 4/4, une blanche placée sur le deuxième temps est une syncope (le deuxième temps d’un 4/4 étant un temps faible, le troisième, un temps fort.).

Autre exemple, toujours dans une mesure 4/4, une noire « à cheval » sur deux temps consécutifs est également une syncope.. On dit aussi que la noire est placée « en l’air », c’est-à-dire, attaquée sur la deuxième croche d’un temps quelconque, et prolongée sur la première croche du temps suivant.

Tablature

Représentation des notes de musique par le numéro des boutons du clavier qui les produisent.

Tempo

Indication de la durée d’un temps. Un tempo est donné généralement pour une noire. Exemple: si on donne: noire = 60, cela veut dire qu’un temps égale une noire et que le battement du temps sera de 60 par minute, soit un battement à la seconde.

Dans les mesures ternaires le tempo est donné à la noire pointée.

Exemple: si noire pointée = 120 cela veut dire qu’un temps égale une noire et demie et que le battement du temps sera de 120 par minute, soit deux battements à la seconde.

Le tempo peut exceptionnellement être donné à la croche. Mais dans ce cas, la croche ne représente q’un demi temps.

Temps

Le temps est l’unité de durée qui sert à diviser une mesure. C’est la durée comprise entre deux pulsations. Dans les mesures binaires, le temps est le plus souvent représenté par une noire. Dans une mesure ternaire il sera représenté par une noire pointée.

Tessiture

Etendue de l’échelle sonore que peut couvrir une voix ou un instrument. On parle d’ambitus lorsque l’on désigne l’étendue de l’échelle sonore d’une mélodie.

Tierce

Troisième note de la gamme à partir de la tonique. Ou encore Deuxième note d’un accord, à partir de la fondamentale.

Ou d’une manière générale: Intervalle séparant une note de degré n d’une autre de degré n+2. Exemple: intervalle entre Do et Mi, ou entre Ré et Fa etc.

Tierce Majeure

Se dit d’une tierce dont l’intervalle entre les deux notes qui la composent est de 2 tons.

Tierce mineure

Se dit d’une tierce dont l’intervalle entre les deux notes qui la composent est de 1 ton 1/2.

Timbre

Le timbre (une des caractéristiques de la sonorité) permet de distinguer deux notes égales émises par des instruments différents à partir de leurs harmoniques. Les harmoniques sont des ondes simples, multiples d’une fréquence fondamentale, qui se superposent en provoquant des sensations sonores différentes. Une même note est ainsi perçue différemment selon qu’elle est émise par un instrument à cordes ou par un instrument à vent…
Deux diatos différents peuvent avoir (et ont souvent) un timbre différent.

Ton

Hauteur des sons produits par la voix humaine ou par un instrument et qui correspond à une fréquence vibratoire donnée et mesurable.
Ex: Le La du téléphone ou d’un métronome électronique a une fréquence de 440 Htz. Intervalle qui sépare deux notes conjointes sur la gamme diatonique, sauf les intervalles Mi-Fa et Si-Do qui ne « mesurent » qu’un demi-ton.

Tonalité

Échelle musicale d’une hauteur déterminée, désignée par le nom de sa tonique. Quand on joue en Do, cela veut dire que l’on utilise la gamme de Do-Ré-Mi-Fa-Sol-La-Si-Do.
Si on joue en Ré mineur cela veut dire que l’on utilise la gamme de Ré mineur soit: Ré-Mi-Fa-Sol-La-Si-Do-Ré. On parle de tonalité de Ré mineur parce que la première tierce de cette gamme est mineure. Suivant la gamme utilisée, le morceau aura une tonalité différente et procurera une sensation différente; on dit aussi une couleur différente.

Tonique

Première note et premier degré d’une gamme.

Transposition

Un morceau de musique est noté dans une tonalité donnée. La transposition consiste à le noter dans une autre tonalité. Pour cela on rehausse, ou on abaisse, toutes les notes concernées d’un certain nombre de demi-tons. La transposition conserve les intervalles d’origine de la gamme utilisée

Triolet

Groupe de trois notes d’égale valeur représentées, le plus souvent, par trois croches surmontées du chiffre 3. Le triolet est à considérer comme une exception puisque les trois notes sont à exécuter dans le temps de deux notes « normales ».
Ainsi 3 croches en triolet sont à exécuter dans le temps normal de 2 croches!
S’il s’agit de 3 noires, elles doivent, de même, être exécutées dans le temps de 2 noires.

Unisonore

Se dit de l’accordéon qui produit la même note avec une touche (un bouton) aussi bien en poussant qu’en tirant.

Valeur

Le temps, et ses divisions, sont représentés par des symboles musicaux : noire, croche… ces symboles rendent compte de la durée du temps et de ses subdivisions. On les appelles les valeurs du temps.

Vibrato

Légère différence de fréquence de vibration entre deux anches qui vibrent en même temps (deux voix). Elle est due à un accord volontairement et très légèrement décalé pour provoquer une sorte d’ondulation aussi appelée battement. Voir aussi swing.

Voix

Son émis par la vibration d’une anche (par analogie avec la voix humaine générée par la vibration des cordes vocales). Un diato dit à 2 voix peut faire vibrer simultanément deux anches pour chaque note, à une octave de différence. Un diato à 3 voix peut émettre trois notes simultanées. Les trois notes peuvent appartenir à des octaves différentes mais parfois deux d’entre elles sont de la même octave; elles sont alors légèrement désaccordées pour obtenir un vibrato.

Quelle place pour l’accordéon dans la musique classique ?

L’accordéon a longtemps gardé l’image d’un instrument de bal musette. Une idée reçue qui a bien évolué, notamment depuis le début du XXIe siècle, puisqu’il occupe une place de plus en plus importante dans le monde de la musique classique.

Quelle place pour l’accordéon dans la musique classique ?
Elodie Soulard à l’accordéon , © Radio France / Dailymotion/FranceMusique

Nous n’avons pas tout oublié, pas tout perdu. Il y a des souvenirs dans mon accordéon et quand je le presse, je les vois qui sortent ». Juliette ou la Clé des songes, opéra de Bohuslav Martinů, acte 1 scène 4, Georges Neveux.

L’accordéon est un instrument du souvenir, qui évoque les bals musette ou les airs folkloriques et traditionnels… Mais il ne faut pas réduire son rôle à ces répertoires. Depuis le début du XXIe siècle, il s’impose dans le monde de la musique comme un instrument classique à part entière.

Un rôle qu’il jouait dès son apparition, vers 1830. A cette époque en France, l’accordéon est très présent dans les salons bourgeois. « Il était alors de bon goût de jouer des airs d’opéra donnés dans les salles parisiennes », raconte l’accordéoniste Vincent Lhermet, auteur d’une thèse sur le répertoire contemporain de l’accordéon en Europe depuis 1990.

Comment est-on passé d’une image d’instrument noble, tourné vers le répertoire opératique, à un instrument très populaire voire considéré comme ringard pendant près d’un siècle ? Le changement s’est effectué en quelques décennies seulement. « Quand Napoléon III abdique [en 1870 ndlr], l’accordéon va partir en désuétude », souligne l’accordéoniste Pascal Contet. Cela pourrait correspondre à l’ouverture, en 1863, de la première usine de fabrication d’accordéons en Italie, à Castelfidardo. L’accordéon perd alors de son précieux et investit petit à petit la culture populaire.

L’accordéon est un phoenix

Il faut attendre les années 1980/90 pour que l’instrument retrouve sa place dans le monde de la musique classique. Et le XXIe siècle pour que les compositeurs contemporains s’intéressent pleinement à son potentiel.

Un renouveau salué par Vincent Lhermet : « Depuis les années 2000 il y a un ‘boum’ de l’accordéon. Les compositeurs ne voient plus de séparation entre le populaire et le savant, souligne le musicien, on voit que les barrières tombent de toute part ». Un des obstacles était l’absence de classes d’accordéon dans les conservatoires nationaux, obstacle surmonté en 2002 par le CNSMD de Paris (Conservatoire national supérieur de musique et de danse).

« Les anciens [compositeurs] qui me refusaient il y a 20 ans des pièces commencent à s’y mettre », souligne Pascal Contet qui a travaillé avec Philippe Manoury, Bruno Mantovani, Bernard Cavanna ou encore Philippe Hurel.

Du baroque au contemporain

Même si l’instrument est récent, les accordéonistes peuvent s’attaquer à un large répertoire : « Du XVIIe jusqu’à la première moitié du XVIIIe, nous pouvons jouer toutes les oeuvres », indique Vincent Lhermet, il suffit juste de lire la partition telle quelle ».

 

Seul le répertoire romantique pose problème aux accordéonistes. La plupart des oeuvres pour piano de cette période utilisent la pédale et « il n’y a pas de résonance avec l’accordéon, explique Vincent Lhermet, donc il faut rallonger les notes, et c’est un exercice difficile ».

Aujourd’hui, les accordéonistes peuvent jouer de nombreuses créations contemporaines grâce à l’engouement encore assez récent des compositeurs pour leur instrument. Pascal Contet avance une explication pour ce retard : « Dans les années 60 et 70 ce n’était pas le meilleur moment pour l’accordéon car nous étions dans un domaine de recherches musicales très électro acoustiques donc cet instrument était encore considéré comme ringard ».

Mais tous ne suivent pas les voies de la musique contemporaine. « Il y a une querelle entre anciens et modernes, entre garder l’héritage de la musique traditionnelle, du bal musette et s’intéresser à la création contemporaine », explique Vincent Lhermet. Pour le jeune accordéoniste, « la création est parfois vue d’un mauvais œil comme si elle négligeait la tradition ».

Un instrument de la mémoire

L’accordéon est difficilement perçu comme un instrument moderne. Il reste populaire, et conserve le souvenir une certaine époque comme le souligne Eric Denut dans un texte d’accompagnement du livret de Juliette ou la Clé des songes :

Fait écho au piano de Juliette l’enchanteresse, l’accordéon […] nettoie littéralement l’espace sonore des teintes rondes et denses de l’orchestre pour, en solo, suggérer aux protagonistes que le moment de la mémoire est de nouveau d’actualité. Cependant, lui non plus n’est pas neutre : les connotations qui lui sont associées, aujourd’hui, comme hier, à la création de l’ouvrage, sont celles du “bon vieux temps”, de la nostalgie d’un âge d’or révolu dont la mémoire ne tient plus, comme le son de l’instrument, qu’à un fil.

Ancien, moderne, populaire, vivant, nostalgique… Vincent Lhermet trouve un mot juste pour qualifier son instrument : couteau suisse. Car l’accordéon se marie avec tous les instruments, avec l’orchestre, avec la voix et « donne du liant, du coffre aux sonorités ».

 
 
https://lechantdespossibles.net/technique/
 

Quelques mots sur l’accordéon

L’accordéon est un instrument à vent, de la famille (dite à anches libres) des harmonicas et autres cornemuses. C’est l’action combinée de la pression sur les touches qui laissent circuler l’air, mis en mouvement par les allers-retours du soufflet qui permet la mise en vibration d’une (ou de plusieurs) anches métalliques à l’intérieur de sa caisse, et donc l’émission d’un son. Schématiquement, la main droite produit la mélodie pendant que la main gauche, par l’intermédiaire d’une mécanique plus ou moins complexe s’occupe de composer les accords d’accompagnement.

 

Les anches sont montées en miroir sur des châssis métalliques, et vibrent alternativement selon si l’on tire ou si l’on pousse sur le soufflet. Les anches sont identiques dans le cas d’un accordéon unisonore (très souvent chromatique), et de hauteur sonore différente pour un accordéon bisonore (dit diatonique dans la plupart des cas).

 

Des clapets en cuir (ou en matière synthétique), montés sur le côté opposé des anches, permettent d’aiguiller l’air vers l’anche adéquate et jouent un rôle crucial dans la qualité du timbre de l’instrument. Ils doivent donc être de bonne qualité et en parfait état pour remplir leur mission, ainsi que pour permettre (entre autre) la réparation et l’accord de l’accordéon. Il convient donc de veiller à la bonne condition de stockage de l’instrument, à l’abri de l’humidité et de la poussière, posé sur ses pieds plaçés côté main gauche (et surtout pas couché côté bretelles où ils voileront à coup sûr sous leur propre poids).

 

Par ailleurs, les châssis sur lesquels sont maintenues les anches étant la plupart du temps assemblés dans l’accordéon à l’aide d’une cire particulière, il est très important de ne pas exposer un instrument à de trop fortes chaleurs (dans une voiture en plein soleil par exemple) ou à des grands froids, sous peine de voir cette cire fondre ou se fissurer face à des températures trop extrêmes.

 

Les instruments les plus simples (comme le Caillou par exemple) possèdent une seule anche par note à la main droite. On dit qu’ils ont une voix main droite. Mais la plupart des accordéons possèdent deux, trois voire quatre voix, qui peuvent jouer simultanément ou alors se combiner de diverses manières selon le souhait de l’accordéoniste par l’intermédiaire de la registration, dont les mécanismes sélectionnent quelles voix sont en action ou non.

 

Les voix d’un accordéon ne se valent donc pas toutes : la plus standard est appelée la voix flûte (par convention) ; une autre, une octave en dessous de cette dernière est nommée voix basson tandis que celle une octave au dessus de la voix flûte est désignée voix piccolo. Ces trois voix, lorsqu’elles sont montées dans un même instrument, sont accordées ensemble, au diapason de l’instrument choisi par le constructeur.

 

Pourtant, il est très fréquent qu’un accordéon soit muni de deux (voire trois) voix flûte, une juste (accordée avec la main gauche) tandis que l’autre (ou les autres) légèrement désaccordée(s) ; ce qui, quand ces voix sont jouées ensemble, donnent à l’accordéon son timbre « musette » si particulier. L’écart (maîtrisé) entre deux voix flûte permet à l’accordeur (celui qui accorde l’accordéon) de déterminer de manière spectaculaire la « couleur » du son de l’instrument : d’un infime déphasage donnant un son rond et feutré (plutôt adapté au Jazz ou à la musique Trad) à une franche dissonance à l’origine sur son très brillant du musette et des musiques sud-américaines. Bien entendu, toutes les nuances sont possibles entre ces deux extrêmes !

D’autres techniques plus subtiles, sur la manière de positionner les anches dans la caisse de l’accordéon (cheminées ou boîtes de résonance), jusqu’à la forme de la grille d’ornementation de la main droite permettent également d’influer sur le timbre de l’accordéon, témoignant une fois de plus de la richesse sonore de cet instrument et de la diversité des sons possibles.

 

Accordéon et bandonéon

 

Ces deux instruments sont nés durant la période romantique (19ème siècle), période qui fut décisive dans l’évolution de la facture instrumentale.
 

Rappels organologiques

LE SYSTEME DE SACHS-HORNBOSTEL

Il existe d’autres classifications à travers le monde tenant compte de la fonction musicale, du répertoire ou bien du mode de d’ébranlement. Par exemple, la classification moderne appelée Sachs-Hornbostel, universellement adoptée aujourd’hui et qui distingue quatre familles instrumentales :
 
  • Les cordophones (instruments à cordes) dont le son résulte de la vibration d’une corde tendue (ex. : luth, cithares…)
  • Les aérophones (instruments à vent) dont le son résulte de la vibration de l’air dans un tube (flûte, hautbois…) ou de l’air ambiant (rhombe)
  • Les membranophones (instruments à membrane)
  • Les idiophones (instruments à percussion) dont le son résulte de la vibration du corps propre, sans nécessiter de matières tendues : le son est produit par la matière même de l’instrument (hochet, xylophone…).
PS : ici membranophones et idiophones regroupent l’ensemble des percussions.
 
Dans tous les cas, ces notations sont nécessairement différentes de la notation classique des instruments de l’orchestre symphonique : cordes, vents (bois et cuivres), et percussions, car elle ne serait pas toujours adaptée !
 
La famille des AEROPHONES comprend tout instrument fonctionnant avec de l’air, non pas tant que l’on y souffle, comme c’est le cas la plupart du temps, mais bien parce que la matière sonore vibrante est l’air. C’est par la façon dont cette matière sonore est mise en vibration (grâce à l’envoi d’un jet d’air sur un biseau : flûte ; une anche double : hautbois ; une anche simple : clarinette ; par tournoiement d’un objet dans l’air : aérophone à air ambiant…) que l’on détermine les sous-familles.
 
S’il s’agit d’une seule languette qui passe à travers le cadre qui la maintient, on parle d’anche libre. L’accordéon, l’harmonica, fonctionnent avec des anches libres. L’harmonium également : qu’il y ait un clavier n’en fait pas un piano !

Les ancêtres

Dès le tournant du siècle (18-19ème s.), les événements vont aller très vite dans le domaine de la facture instrumentale.
Après l’Aéolodicon (ou aélodionaélodiconéolodiconélodicon ?) d’Eschenbach en 1800 (anche métallique mises en vibration par un soufflet), on voit apparaître :

  • 1800 – L’Apollonion, Allemagne
  • 1804 – Le Belloneon de Kaufmann (1804) – Le Piano à anches de Sanès, Prague
  • 1804 – Le Piano organisé de Sauer, Prague
  • 1804 – L’Orgue à anches libres de Kober, Vienne
  • 1805 – Le Melodion de J. Ch. Dietz, Allemagne
  • 1810 – L’Uranion de J.D. Buschmann, Friedrichsroda
  • 1810- L’Orgue-Expressif de GJ. Grenié, Bordeaux
  • 1814 – L’Organo-Violine d’Eschenbach, Konigshofen
  • 1815 – L’Elodicon d’Eschenbach, Konigshofen
  • 1816 – L’Aura de Scheibler, Krefeld
  • 1816 – L’Aéoline de Schlimbach, Ohrdruf
  • 1817 – Le Terpodion de Buschmann, Friedrichsroda (C.M. von Weber écrit en septembre 1817 un article favorable sur ce Terpodion de Buschmann.)
  • 1818 – L’Aéolo-Melodicon de Brunner-Ofmann, Varsovie
  • 1818 – Le Physharmonica de Hackl, Vienne
  • 1820 – L’Eoline d’Eschenbach, Konigshofen
  • 1820 – L’Oéolodicon de Reich, Fürth
  • 1820 – L’Aéolodicon de Voigt, Schweinfurt
  • 1821 – L’Aura de F. Buschmann
  • 1822 – La Handaoline de F. Buschmann
  • 1823 – La Mundeoline de Messner, Trossingen
  • 1824 – L’Aélo-Pantalon de Dlugosz, Varsovie

C’est « l’harmonica à bouche » qui déclenche l’invention de l’accordéon. En 1821 Friedrich Buschmann en Autriche invente un instrument à anches métalliques : l’aura. Des fabricants d’harmonica surgissent alors de partout, se copiant, améliorant, inventant tout une multitude d’instruments dérivés.
Harmonica de 1827
En 1825, en Angleterre, apparaît le symphonium qui comporte quelques boutons et un trou pour souffler : c’est l’ancêtre du concertina. en 1822, Buschmann monte un soufflet sur son « aura » qui devient « l’éoline à main » (ou handaoline) et enfin, Demian en 1825 invente l’anche double (un son en tirant et un son en poussant).

Symphonium, Musée Wheastone, Londres

En 1833, Wheastone ajoute un soufflet au symphonium à bouche qui devient donc le concertina.

concertina – 1835

Et, le 6 mai 1829, Cyrill Demian, fabriquant de piano et orgues à Vienne dépose son brevet : il s’agit d’un instrument conçu pour l’accompagnement, n’oublions pas qu’à cette époque sans télévision, on passait de longs moments dans les soirées à réciter des poèmes, monologues, … et à chanter : l’instrument de Demian ne produisait que 10 accords préétablis (donc 5 touches).

Accordion autrichien de Demian – 1829

En France, on transforma l’idée de sorte que l’accordéon se mit a produire non plus des accords mais des notes : le clavier dit « français » était mélodique, alors que le clavier autrichien était « à accord ». Un autre inventeur, Pichenot, ajouta au clavier français une touche donnant l’accord de tonique et de dominante (en tirant ou en poussant) ainsi qu’une soupape pour faire le vide du soufflet.

Accordéon français de Reisner – 1840

Demian alors inventa, vers 1834, la combinaison des deux claviers : le deuxième clavier, pour les accords et le premier pour la mélodie.


L’accordéon

Instrument d’abord réservé à la petite bourgeoisie (classe montante au 19ème siècle). Il deviendra plus tard le « piano du pauvre ». Son évolution est fort complexe et l’accordéon n’est pas le fruit d’une personne ou d’un pays mais l’instrument de tous. Le monde entier prend part à sa métamorphose : Allemagne, Italie, Russie, Tchécoslovaquie, Belgique, France…
 
3 périodes dans l’évolution de l’instrument :
 
  • L’accordéon « jouet » (1829-1880) avec son unique clavier « chant » :
    • Beaucoup de fabricants mais que des plagiats, copies ou imitations. Pas de véritables créations innovantes…
    • Les possibilités musicales de l’accordéon restèrent stationnaires.
  • L’accordéon « populaire » ou « traditionnel » (1880-1950) avec ses 2 claviers différents « accompagnement » et « chant » :
    • L’accordéon adopte un second clavier doté de 2 à 8 basses d’accompagnement cependant le système « tirez-poussez » entrave son évolution d’où l’invention vers 1900 de l’accordéon chromatique (= uni-sonore).
    • Adoption du clavier à 3 rangées en standard vers 1900.
    • Naissance du genre « musette » vers 1900 (grâce à Emile VACHER).
  • L’accordéon de concert (après 1950) avec ses 2 claviers « chant » identiques :
    • L’accordéon de concert ou harmonéon est créé en 1948 par Pierre Monichon.
    • Les limites musicales du clavier de la main gauche font que dès 1910 certains essaient de la modifier en ajoutant aux accords préfabriqués des basses dites « libres ». A ces recherches on peut associer les noms de : Gibelli, Gagliardi, Schenardi, Scandalli, Decornoy, Thion, Prez…
    • Evolution du langage musical après la seconde Guerre mondiale -> principe de deux claviers différents (« chant » et « accompagnement ») devenu obsolète parce que enfermé dans le système de la musique tonale… hors la musique devient atonale et même sérielle.
    • Celui-ci consiste en un instrument comportant deux claviers identiques donnant ainsi une totale liberté au musicien.
 
 
3 types d’accordéons : diatonique (bi-sonore), mixte et chromatique (uni-sonore).
 
 
  • Accordéon diatonique : chaque boutons produit 2 notes (l’un quand on pousse, l’autre quand on tire).
    • Cette nouvelle conception du clavier (proposée par Pichenot en 1832) dont l’étendue correspondait à deux gammes diatoniques, détournait forcément la vocation première de l’accordion en le faisant devenir « mélodique » (mais conservant un bouton appelé « bascule d’harmonie » [embryon du futur clavier main gauche] donnant l’accord de tonique ou dominante).
Après les instruments à une rangée, en do :
Une proposition originale fit son apparition à Paris. Elle utilisait une rangée en do avec une seconde en si (création Maugein) :
Par le jeu des enharmonies, le musicien se retrouvait avec tous les sons de la gamme chromatique ; il pouvait donc aborder, mélodiquement, toutes les tonalités. Mélodiquement seulement, car, avec le « tirez-poussez », il était limité pour former des accords, et le clavier de la main gauche était contraint de rester muet à certains moments s’il n’était pas pourvu de boutons en suffisance. Les fabricants s’ingénièrent alors à trouver des solutions afin de conserver à l’accordéon l’avantage d’un instrument harmonique.
C’est finalement le système italien à 3 rangées qui s’imposera lentement (vers 1900). Il est toujours utilisé actuellement.

  • Accordéon mixte : les artisans appliquent à l’accordéon le système mécanique des rouleaux, utilisé dans l’orgue. Ils en profitent pour doubler chaque anche et ainsi supprimer le système « tirez-pousser » à la main gauche. L’accordéon « mixte » est né ouvrant la voie au futur accordéon « chromatique à basses standards ».
    • 27 novembre 1840 : Brevet de Léon Douce pour son « accordéon-harmonieux » qui préfigure déjà le futur système chromatique : recherche d’un système supprimant le « tirez-poussez », le clavier main droite comprend 12 grandes touches et 12 petites touches donnant les tons et les demi-tons et le clavier main gauche pour la première fois 8 touches.
 
  • Accordéon chromatique : chaque touche (ou bouton) produit la même note dans les 2 phases (poussé ou tiré).
    • Suite à l’évolution du clavier de la main gauche, l’italien Paolo soprani dépose un brevet daté du 5 mars 1897 pour un instrument qu’il baptise « harmonica » mais qui prendra rapidement le nom « d’accordéon chromatique ».
    • L’accordéon chromatique est débarrassé du système « tirez-poussez ». Sa facture va faire de gros progrès en même temps que vont s’améliorer son apprentissage et l’étendue de sa palette musicale. La diversité des styles abordés par l’accordéon lui donne droit à une meilleure reconnaissance du milieu musicale et ce malgré les limites du clavier de la main gauche.
    • Possibilité beaucoup plus grande en terme technique… Plus de virtuosité.
    • Plus que jamais, on cherche à perfectionner l’accordéon ou, pour être plus exact, à l’amplifier. Le clavier « chant » se retrouve avec 4, 5, 6 rangées, celui de l’accompagnement avec 48, 60, 80, 100, 120, 140 « basses ».
    • après 1920, favorisés par le retour de la main d’œuvre étrangère, de nombreux spécialistes de la facture instrumentale viennent s’installer en France. Parmi eux, de nouveaux fabricants d’accordéons « chromatiques ». On rencontre : Piermaria (en 1922), L. Ranco (1923), Crosio (1923 atelier en 1929), Cavagnolo (1923), Buzzi (1924), Gallo (1931), Marzella (1933) et Bratti (1927). Paris reprend alors une place importante dans la production d’accordéons.


Les moments importants dans l’histoire de l’accordéon


  • Vers 3000 avant J.C. : Apparition du « cheng » (orgue à bouche chinois), l’un des tout premiers instruments à vent ayant utilisé le principe de l’anche libre.
SHENG : orgue à bouche chinois
  • 1829 : L’Autrichien Cyrille Demian et l’Anglais Charles Wheatstone déposent, à un peu plus d’un mois d’intervalle, un brevet d’invention, le premier pour « l’accordion » et le second pour « le concertina ».
  • 1833 : première méthode pour accordéon en France par Pichenot.
  • 1840 : Brevet de Léon Douce pour son « accordéon-harmonieux » qui préfigure déjà le futur système chromatique.
  • 1852 : Création de l’accordéon à touches-piano par… Philippe-Joseph Bouton.
  • 1863 : A Castelfidardo, Paolo Soprani crée la première fabrique italienne d’accordéons.
  • 1872 : Félix Péguri, venant d’Italie, arrive à Marseille.
  • 1883 : Naissance, à Tours, d’Emile Vacher, l’un des grands créateurs du style « musette ».
  • Vers 1900 : Invention, par des facteurs italiens de Castelfidardo, de l’accordéon chromatique.
  • 1903 : A Trossigen (Allemagne), les Etablissements Hohner commencent la fabrication d’accordéons diatoniques.
  • 1904 : Fondation de la Maison Cavagnolo à Vercelli (Italie) par Domenico Cavagnolo.
  • 1909 : Giovanni Gagliardi donne le premier récital de musique classique dans un cinéma de la rue de Lyon.
  • 1913 : Mariage de Charles Péguri avec la fille de l’Auvergnat Antoine Bouscatel. Fin de la rivalité entre la cabrette et l’accordéon.
  • 1919 : Naissance, à Tulle (Corrèze), de la marque Maugein à l’initiative de Jean Maugein et de ses frères Antoine et Robert.
  • 1921 : Mario et Hector Crosio reprennent la fabrique parisienne d’accordéons de Ferdinando Atti. Entre les deux guerres (1914-1940) : passage de la cabrette à l’accordéon – La grande époque des bals musette.
  • 1936 : En plein Front Populaire, inauguration du célèbre « Balajo », surnommé « Le Temple du Musette ».
  • 1945 : Raymond Gazave crée le Conservatoire d’Accordéon de Paris.
  • 1950 : Pierre Monichon crée son « harmonéon« , véritable accordéon de concert.
  • 1962 : A Paris, Gilbert Roussel interprète le « Concerto pour Accordéon  » de Jean Wiener.
  • 1968 : Le « Grand Prix de Rome » est attribué à A. Abbott, professeur d’accordéon de concert à l’Ecole Normale Supérieure de Paris.


Le bandonéon

Le bandonéon est un grand concertina (de forme hexagonale). Il est de forme carrée.
C’est un instrument à anche libre comme l’accordéon :
Anche libre
 
Concertina
 
Bandonéon
 
Selon la classification universelle des instruments de musique (organologie) établie en 1914 par Hornbostel/Sachs, le bandonéon, appartient à la famille des aérophones, du groupe des instruments « à anche battante libre », c’est-à-dire que la mise en vibration de l’air est produite par une languette de même dimension que l’orifice sur lequel elle est fixée, de sorte qu’elle vibre librement lorsque l’air est insufflé. Dans le cas du bandonéon, l’air insufflé met en vibration deux lamelles métalliques à intervalle d’octave.
 
Par son mode de mise en vibration de l’air, le bandonéon appartient à la même famille que les orgues à bouche, dont l’invention est sans doute originaire d’Extrême-Orient, région dans laquelle on le trouve encore aujourd’hui : Chine, Corée, Japon… ainsi que dans le sud-est asiatique : Laos, Vietnam, Birmanie, Cambodge, Bornéo et partiellement l’Indonésie. Le tcheng ou shêng chinois, inventé en 2300 ou 2700 av. J.C., fut décrit par le Père Amiot (1718-1793), jésuite qui vécut en Chine et qui le fit connaître en Occident, notamment par la publication de ses Mémoires concernant l’histoire, les sciences, les arts, les moeurs, les usages des Chinois parues en 16 volumes à Paris, entre 1776 et 1814.
 
À partir de ce principe, on inventa toute une série d’instruments qui apparaissent en Angleterre et en Allemagne au XIXème siècle, comme le concertina anglais et le konzertina allemand.
On conçut d’abord le modèle bisonore appelé aussi « diatonique » ou « système argentin » : un son différent est émis en poussant et en tirant, chaque touche permettant donc l’émission de deux sons. L’avantage réside dans l’existence de deux claviers, chaque clavier offrant une double possibilité, soit en tirant, soit en poussant. Charles Péguri conçut ensuite le modèle unisonore, appelé aussi « chromatique » : même son en poussant et en tirant. Fabriqué sous licence par la célèbre firme allemande Alfred Arnold (AA) pour avoir un doigté d’accordéon sur un bandonéon, modèle qui ne possède donc que deux claviers.
 
Depuis l’époque de la « Vieille Garde » jusqu’à aujourd’hui, el fueye (le soufflet), la jaula (la cage : A.Troilo), el gusano (le vers), comme on appelle le bandonéon en lunfardo (argot de Buenos Aires) est la voz tango par excellence, l’instrument de toutes les esthétiques tangueras. Tout au long de son histoire, le tango saura utiliser toutes les ressources expressives de cet instrument en tout point remarquable : par ses possibilités d’articulation dues à la maîtrise complète du volume sonore et de la tenue qui peut être remarquablement longue si l’on étire le soufflet progressivement dans toute sa longueur (qui doit approcher le mètre cinquante), le bandonéon est proche de la voix humaine et, comme elle, peut gémir, crier, être rageur, frémir et, en même temps, exprimer une douceur extrême ou une plainte lancinante. Le son peut être neutre et suave, âpre et agressif, en tirant comme en poussant, les deux techniques s’utilisant. Toutefois, en tirant, on obtient un effet percussif utilisé pour les marcato et les syncopes qui peuvent être amplifiés en laissant tomber lourdement le bandonéon sur le genou, comme le font si bien les bandonéonistes de l’orchestre de Pugliese. Il possède une palette expressive étonnante, chacun des côtés ayant une sonorité différente, l’une plus étouffée et profonde que l’autre, grâce à un effet de construction de la caisse harmonique qui, sur le côté gauche, possède une petite caisse de résonance. La disposition des boutons permet par ailleurs une extension de plusieurs octaves avec une seule main, grâce à une proximité calculée. L’instrument peut ainsi exécuter une mélodie et des accords complexes. La pensée musicale peut donc à la fois se construire harmoniquement et mélodiquement en utilisant au total quatre claviers. Remarquable complexité pour un instrument de cette taille. On comprend mieux ainsi le rôle joué par les bandonéonistes comme chefs d’orchestres, compositeurs et arrangeurs dont les noms jalonnent l’histoire du tango : Domingo Santa Cruz, Angel Villoldo, Pedro Láurenz, Juan Maglio « Pacho », Eduardo Arolas, Pedro Maffia, Ciriano Ortiz, Aníbal Troilo, Leopoldo Federico, Astor Piazzolla et, plus près de nous, Osvaldo Piro, Nestor Marconi, Rodolfo Mederos, Binelli, Juan José Mosalini.
 

L’introduction du bandonéon

 
En 1908, le bandonéon (qui était apparu la première fois en 1898 dans un orchestre de tango) s’impose. C’est un événement important, car, en remplaçant la flûte dont les fioritures disparurent, et avec elle un style badin et tapageur, l’orchestre de tango trouva son identité plaintive et sentimentale.
 
« Le bandonéon geint, gémit, brame, pleure, griffe, rugit, menace, mord et prie ; il ignore le rire et ne sait pas se permettre un moment de joie. »
 
Techniquement, Oscar R. Zucchi le définit ainsi : « Le bandonéon est un aérophone portatif, avec des boutons, actionné par des soufflets, se jouant avec les deux mains simultanément, et possédant deux caisses harmoniques à l’intérieur desquelles vibre, par l’action de l’air pressé, un système de languettes métalliques. Le bandonéon chromatique produit la même note en ouvrant et en fermant les soufflets. Le bandonéon diatonique, aux possibilités plus grandes, est celui qu’ont adopté les professionnels du tango et il varie l’expression selon qu’il est joué ouvert ou fermé, produisant dissonances ou assonances. »
Le bandonéon est un instrument d’origine allemande. Il doit son nom à Heinrich Band, né en 1821, en Rhénanie-Wesphalie (Allemagne) qui va le commercialiser, même s’il ne l’a pas inventé. Son véritable concepteur est C. Zimmermann qui présenta un concertina fabriqué à Carlsfeld à l’exposition industrielle de Paris de 1849. H. Band modernisa cette invention qui ne fut jamais brevetée.
A partir de 1864, c’est Ernst Louis Arnold (1828-1910) qui a racheté l’entreprise de Zimmermann (mort en 1860) qui va devenir le véritable maître du bandonéon. Sa famille sera une véritable dynastie de facteurs de bandonéon. Ernst Hermann (1859-1946), son fils aîné, Paul (1866-1952) et Alfred (1878-1933), deux autres fils, poursuivront l’œuvre du père. Les deux jeunes frères mettent au point le AA, dit Doble A, qui s’avérera être le meilleur bandonéon de l’histoire. Astor Piazzolla a d’ailleurs dédié à son instrument une composition Tristezas de un Doble A.
 
 
Horst Alfred (1905-1979), fils d’Alfred, et Arno (1893-1970), fils de Paul, poursuivent l’entreprise jusqu’à la fin des années 1940. Mais l’entreprise perd progressivement de son importance et les ateliers ferment en 1971. Cette entreprise a eu quelques concurrents en Allemagne, en Argentine et aux Etats-Unis. Mais, aujourd’hui, le nombre d’artisans capables de produire ou de réparer des bandonéons est très rare. Il en existe un en France : Olivier Manory, lui-même bandonéoniste de talent.
Pierre Monette note que « le phrasé du bandonéon est en mesure de présenter un assortiment de modulations aussi vaste que celui de la voix humaine ». Cet auteur ne voit que le saxophone comme instrument ayant un registre sonore comparable. Le saxophone joue d’ailleurs dans l’orchestre de jazz le rôle du bandonéon dans l’orchestre de tango.
En 1910, l’orchestre typique du tango se constitue, le style musical est fondé. Parti du trio, celui-ci se développe progressivement. A partir de 1914, Firpo donne place dans son orchestre au violon, à la flûte qui équilibre le son du piano, à la contrebasse. En 1917, le sextuor devient l’orchestre habituel. Dans les années 1940, l’orchestre montera à onze musiciens.
 
BIBLIOGRAPHIE
— Pierre MONICHON, L’accordéon, Paris : PUF, coll. Que sais-je ?, 1/1971.
Un incontournable sur le sujet, abondamment documenté, et expliquant de manière très claire l’évolution de l’accordéon.
— Pierre MONICHON, L’accordéon, Editions Van de Velde, Payot, Lausanne (1985).
 
https://www.lesaccordeons.com/

ACCORDÉON, en bref

Histoire

Au début du XIXe siècle, une série d’instruments précurseurs de l’accordéon sont mis au point ; ainsi, l’Aeoline de l’Allemand Bernhard Eschenbach (vers 1810) ou le Handaeoline de l’Allemand Christian Friedrich Ludwig Buschmann (1822). En 1829, l’Autrichien Cyril Demian fait breveter un instrument rudimentaire, l’Akkordion, tandis que l’Anglais Charles Wheatstone invente le concertina. En 1840, L. Douce crée son « accordéon harmonieux », qui annonce l’accordéon chromatique. Douze ans plus tard, le Français Philippe-Joseph Bouton invente l’accordéon à clavier piano. En 1863, l’Italien Paolo Soprani commence à fabriquer en série les premiers accordéons diatoniques, à Castelfidardo, près d’Ancône, en Italie. C’est vers 1900 que l’accordéon chromatique est mis au point en Italie.

Après la Première Guerre mondiale, l’accordéon prend en France le pas sur la chevrette (type de cornemuse) et se développe à la faveur de la mode des bals musettes. L’accordéon diatonique tombe en désuétude, pour ne subsister que dans le répertoire de certaines régions (Bretagne, notamment).

Facilement transportable et complet, l’accordéon devient le symbole de l’émigration et s’intègre dans les musiques de danses populaires (polka, mazurka, java, valse, tango…). L’accordéon de concert, ou harmonéon, avec ses deux claviers identiques, apparaît après la Seconde Guerre mondiale.

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L'accordéon : un instrument plus populaire que vous ne le pensez